jeudi 3 avril 2014


Bonsoir à tous ! 
Oui, j'ai décidé d'étendre la SSPRESSE afin de présenter encore quelques articles, dont une interview ! C'est Fleur de la Haye, journaliste chez Phosphore (dont j'ai parlé ICI) qui a accepté de répondre à mes questions ! Merci beaucoup Flore ;-) N'hésitez pas à dire ce que vous pensez de cet article !
  • Comment êtes-vous devenue journaliste ?
Par hasard, par mimétisme…  Je ne rêvais pas de faire ce métier mais je l’ai découvert en faisant des stages pendant mes études d’information et communication et les personnes rencontrées m’ont donné envie de faire comme elles. De voir le monde, de rencontrer, d’écrire, d’expliquer : tout ce que j’aimais déjà sans savoir qu’un seul métier pouvait réunir tout ça !

  • Par quelle université ? Quelles études ?
Après un Bac L, je ne savais pas trop ce que je voulais faire. Sauf que je ne voulais pas aller en prépa parce que j’avais très envie de quitter le lycée (et puis je n’avais pas un niveau extraordinaire…). J’ai choisi des études d’information et communication car elles étaient assez ouvertes et que je ne voulais pas me spécialiser. J’ai fait deux ans au Celsa à Paris 4 Sorbonne, puis deux ans à l’Institut français de presse à Paris et enfin une école de journalisme publique (toujours à l’Institut français de presse).
  • Êtes-vous journaliste depuis longtemps ?
Depuis 2005. Je te laisse faire le calcul, je suis très mauvaise en mathématiques malgré un père scientifique et l’option maths que j’avais prise au Bac…
  • Par quels journaux ou magazines êtes-vous passés ?
J’ai fait beaucoup de stages pendant toute la durée de mes études pour trouver ma voie : mon premier en journalisme je l’ai fait à Bayard (déjà !) dans une revue spécialisée sur les seniors. Ensuite, je suis passée par la Provence à Avignon, l’Express, Marianne, Entreprises et Carrières, Ouest-France à Fougères et à Rennes… En sortant de l’école en 2005, j’ai très vite commencé à faire des piges (aujourd’hui tout journaliste passe par là : tu proposes des sujets et les rédactions te les achètent et te payent en fonction de la longueur de l’article le plus souvent. Tu es « free-lance », pas attaché à un titre mais à plusieurs afin de pouvoir te reconstituer un salaire digne de ce nom à la fin du mois). J’ai été pigiste jusqu’en 2011 : pour Phosphore, pour ParisObs, le supplément parisien du Nouvel Observateur, pour le site Internet de Radio France Internationale (RFI), pour Okapi, pour l’Express et aussi pour plein d’autres titres beaucoup moins connus (Créations lingerie, Union presse, Le lien…). J’ai commencé à ne travailler que pour Phosphore en 2011 et ne suis plus pigiste depuis.
  • En quoi consiste votre travail à Phosphore ? Est-ce que les journalistes de Phosphore ont chacun une rubrique dont ils s'occupent personnellement ?
Je suis journaliste rédactrice et je travaille sur quasiment toutes les rubriques du magazine : le Buzz, l’actu, les enquêtes, les études, l’intimité… Je suis ce qu’on appelle une journaliste généraliste, contrairement à d’autres journalistes de Phosphore qui sont chefs de rubriques : à ma différence, ils sont spécialisés sur un thème (santé, éducation, culture, actu…). Ils écrivent des sujets aussi mais ils ont sous leur responsabilité des pigistes à qui ils commandent des articles quand on ne peut pas tout faire ici et coordonnent leur travail (ils les briefent avant le sujet, relisent et corrigent leurs textes).
  • Qu'y faites-vous exactement ?
Je trouve des idées de sujets, j’en parle avec le reste de l’équipe et le rédacteur en chef. Une fois qu’un sujet est choisi, j’identifie tout ce qu’il me faut pour le réaliser : Qui interviewer (des jeunes, des chercheurs, des people qui ont quelque chose à dire sur le sujet…) ? Quels livres lire à son propos ? Quels articles ont déjà été écrits sur le sujet et qu’est-ce que je peux dire de plus, de plus intéressant pour nos lecteurs lycéens pour que ça les intéresse ? Où partir précisément en reportage pour rendre le sujet plus vivant ? Une fois que j’ai tous mes ingrédients (des montagnes de papiers et des cahiers remplis de gribouillis…), je digère tout et… j’écris : plus ou moins long selon la rubrique choisie pour le sujet. Parfois, ça vient vite, parfois l’écriture est difficile.
  • Choisissez-vous vous-même les sujets de vos articles ?
Oui, souvent mais pas toujours : il nous arrive de traiter un sujet parce que la personne qui l’a proposé n’a pas le temps, parce qu’il faut parler du bac parce que nos lecteurs le passent.
  • Combien de temps dure la rédaction d'un article ? La récolte des informations pour celui-ci ?
En fonction des étapes citées plus haut, cela est très variable. Quand il y a un reportage à caler à l’étranger, le temps de préparation (identifier les personnes sur place, leur donner des rendez-vous, se synchroniser avec un photographe sur la logistique, prendre les billets d’avion ou de train, se documenter sur le pays et le sujet…) est plus long que la rédaction elle-même. En fait, la rédaction est souvent plus courte que tout ce qu’il y a avant, qui est en fait le vrai travail du journaliste : trouver du neuf, comprendre pour faire comprendre et recouper ses sources (les interviews, les autres articles, les livres, les chercheurs…)pour identifier où est la vérité.
  • Avez-vous un photographe attitré par journaliste ?
Non ! A Phosphore, tous les photographes qui travaillent pour nous sont des free-lance qui travaillent aussi pour d’autres journaux. On choisit d’abord le sujet puis les graphistes, l’iconographe et le directeur artistique qui s’occupent de la mise en forme de l’information, de l’esthétique du magazine, identifient avec quel photographe le rédacteur va partir : il faut qu’il (ou elle) sache faire du ski si c’est pour un micro-trottoir à la neige, qu’il connaisse la Turquie si c’est pour un reportage d’actu là-bas… et dans tous les cas qu’il aime bien comme nous les lycéens pour les mettre à l’aise devant l’objectif.
  • Pouvez-vous nous décrire le cycle de conception de Phosphore, depuis la première réunion jusqu'à la réception des magazines par les abonnés ?
Toute la rédaction se réunit tous les 4 mois pour une réunion de programmation qui dure toute la journée. Tout le monde propose des sujets et nous programmons  4 numéros à chaque fois très en avance
(hier, par exemple, le 1er avril, nous avons programmé septembre / octobre / novembre / décembre, avec des sujets que je ne peux pas te dévoiler mais qui sont extra !). On se répartit ensuite les articles à écrire, afin que ça soit équilibré pour chacun pour les mois à venir. On rend les textes au rédacteur en chef environ deux mois avant que le journal arrive chez les abonnés (sauf pour l’actu et la culture où ça peut-être un mois si un événement s’impose). Pourquoi autant en avant ? Parce qu’entre-temps, il y a un gros travail d’embellissement par nos équipes visuelles (illustrations, pictogrammes, mise en page, correction, choix de titres qui donnent envie, qui retiennent l’attention…) et puis après il y a l’impression puis  la distribution chez les abonnés (et dans tous les kiosques à journaux de France où Phosphore est aussi distribué !).

Merci encore à Fleur pour cette interview très intéressante !

Théo

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Théo