Cher Tibo, chère Anaïs,
Chers auteurs, chères auteures,
Benoît, Marion, Clémentine,
Antoine, Séverine, Philippe, Insa, Martine, Axl, et tous les autres,
Merci. Et Bravo. 10 ans est un
cap à passer. Enfin, un âge à deux chiffres. Quelle étape ! Je voulais,
pour ces 10 ans, chère collection, t’adresser une petite lettre. Je ne sais pas
si tu me connais bien mais moi je te connais. Et je t’aime. Beaucoup.
Je t’aime beaucoup parce que tu
penses comme moi que la littérature est hybride, entre divertissement et
enseignement. Je t’aime beaucoup car tu fais de la littérature intelligente. De
la vraie littérature. Tu ne demandes pas à tes auteurs de simplifier leur
écriture pour plaire aux ados, ni d’éviter tel ou tel thème un peu compliqué.
Non, tu fais le pari que les ados sont intelligents. Qu’ils sont avides de clés
pour comprendre le monde, leur monde. Tu fais le pari de la liberté, de
l’originalité, de la créativité, de la réflexion. Tu fais le pari de l’audace,
de la réflexion, de l’émotion. Tu fais le pari de réunir tout ça en un seul
texte. Et je t’adore pour ça.
Tous les romans qui te composent
sont autant de portes d’entrée vers le monde. En tout cas, tous ceux que j’ai
lus, et ils sont nombreux. Je t’aime parce que tu me fais réfléchir. Tu m’ouvres
de nouvelles pistes, de nouvelles perspectives. Et parce que tu fais naître
chez moi tant d’émotions : le rire, le bonheur, la joie, la tristesse,
l’empathie, la compassion, la colère, la rage, l’excitation, la peur,
l’angoisse. Tu me fais vivre à chacune de mes lectures. Avec plus ou moins de
force, avec plus ou moins de violence, tu me fais vivre.
Je ne sais pas si tu le sais,
mais tous ceux qui participent de près ou de loin à ton existence sont des gens
assez formidables. Selon les propres mots de ton directeur, tu es née pour
« réunir le bruit et la vie ». Je crois que c’est un pari réussi. Car
ton équipe, tes organes fonctionnels, essentiels, sont très vivants, et très
bruyants. Attention, ce n’est pas un brouhaha qui n’a ni queue ni tête. Non, ce
bruit qui se dégage de toi, c’est celui d’un débat animé, d’une famille réunie
autour d’un bon repas, de deux être qui crient leur amour, d’un jeune homme qui
osera pleurer, d’une jeune femme qui osera être libre, d’amis qui riront
ensemble, de chuchotements tard dans la nuit, à l’heure où l’on peut se confier
nos plus profonds secrets et nos sentiments les plus bruts. Ton bruit est une
vie. Tu es l’ivresse de la jeunesse, tu es la sagesse de l’expérience, tu es la
liberté dont on rêve. Tu es un organisme fonctionnel, dont chacun des organes
est précieux, et particulièrement utile.
Je t’adore aussi parce que tu es
multiple. D’un roman à l’autre, tu passes de la poésie la plus délicate à la
plume la plus énervée, tu nous écorches, puis nous caresses, tu nous effleures
puis nous frappes. Dans le ventre, dans le cœur. Tu nous tires des larmes et
nous fais rire, tu nous émeus et nous mets en colère. Tu nous ouvres les yeux
sur le monde. Tu te plais à dénoncer l’injustice, le sexisme, l’homophobie, la
peur de l’autre. Tu nous enjoins à l’union, l’apaisement, la tolérance et le
respect. Tu sais aussi glisser un brin de folie dans nos vies.
Alors il est fort probable que je
songe à la douceur des belles vies que tu m’as faites découvrir, et que je
discute de ça avec ma frangine face à 100 000 canards, par un doux soir
d’orage. Nous entamerons sûrement un bras de fer littéraire, pour savoir si les
géants sont ceux qui laissent brûler les sentiments de leurs personnages quitte
à ce qu’ils n’en restent que des (K)cendres, ceux qui préfèrent nous les
montrer dans le désordre, par une construction en flash-back, ceux encore qui
mettent leurs personnages dans la peau d’un autre pour mieux les révéler par un
savant contraste, ou bien ceux qui préfèrent les fragiles, ces personnages qui
vont souvent dans la gueule du loup mais qui tout aussi souvent en ressortent,
après avoir traversé la nuit la plus obscure, avec quelqu’un qu’ils aiment.
Oui, on se battra elle et moi atour de ça, peut-être dans une boîte, peut-être
le samedi 14 novembre 2017. Celui qui gagnera remportera 50 cents. On apercevra
au loin Charlie, toujours dans son monde, Dylan, sortant du bois, et Zelda,
toujours en rouge qui criera au monde « Je suis sa fille ». La fille
de qui ? Nul ne le sait encore. Je conclurai très certainement cette
discussion en lui disant que la collection Exprim’ fait sans aucun doute partie
des petites reines de la littérature. Comme des images familières, ces romans
nous bercent et nous font grandir. Ce sont des textes qui, même si on devait
les copier 100 fois, resteraient indomptables. Beaux. Ils nous guident vers le
bleu délicat de la jungle park littéraire, ces mots utiles et pas futiles, qui nous
permettent de mieux voir le monde et d’apprendre autant sur nous que sur les
autres.
Ces romans sont autant de preuves
pour dire combien il est important de s’Exprim’er. 10 ans c’est un début. Mais
il va falloir que tu Exprim’ encore le monde, l’humain, dans toute sa
complexité et avec toutes ses nuances.
Joyeux anniversaire,
A tout bientôt,
Théo, lecteur fidèle
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Salut !!
Merci de laisser une trace de votre passage, avec politesse, cela va de soi !!
Amicalement
Théo
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